Up mais surtout Down ...
Il y a des jours avec et il y a des jours sans.
On va dire que ces derniers jours sont « sans ».
Je ne sais pas si c’est le temps automnal qui arrive ou les jours qui raccourcissent mais mon moral est comme le ciel ce matin : gris.
C’est un peu difficile à expliquer car c’est quelque chose de profond et délicat. Un grand sentiment de lassitude, de ras le bol, d’incompréhension…
Dans ce genre de procédure, tout comme en PMA, les hauts et les bas de succèdent. La moindre petite lueur d’espoir fait tout de suite remonter le moral, mais très vite la réalité reprend le dessus et tout redevient sombre.
C’est très douloureux pour moi d’entendre mes amies me dire qu’elles appréhendent de m’annoncer leur grossesse. Je suis peinée de leur fait du mal, involontairement bien sûr. Certes ce genre de nouvelle me blesse au plus profond de mon être mais me réjouit aussi sincèrement car l’arrivée d’un enfant est toujours synonyme de joie … encore plus un bébé d’amis proches.
Alors, mes amies chéries, ne vous formalisez pas si je ne saute pas de joie à l’annonce de votre heureux évènement. Je suis réellement contente pour vous et pour vos chéris. J’ai juste besoin d’un peu plus de temps pour m’y habituer et me faire à l’idée que vos ventres vont s’arrondir, que la chambre d’ami va accueillir un petit lit et l’armoire des petits vêtements.
J’ai beau me répéter que notre tour viendra, que nous aussi nous ferons les magasins en quête du lit parfait ou d’une nouvelle tapisserie. Mais très vite revient la même question : QUAND ?
Dans les périodes d’euphorie, je me dis que deux ans, ça passe vite et que tout ça sera bientôt derrière nous. Mais dans des moments comme aujourd’hui, ça me parait insurmontable et terriblement long.
C’est tellement injuste, pourquoi les gens qui souhaitent un enfant doivent attendre neuf mois alors que nous patientons déjà depuis quatre ans (et nous ne sommes pas au bout de nos peines) ?
Je me sens seule, terriblement seule, face à tout ce qui nous arrive. L’impression désagréable que personne ne peut me comprendre, ni ne prend réellement conscience du désarroi dans lequel je me trouve. Comme le fait d’appeler au secours avec un coup de fil apparemment anodin mais qu’à l’autre bout de la ligne, on ne prenne pas conscience que je ne vais pas bien. Alors, comme d’habitude, je me ferme comme une huître et je mets le masque de la fille forte que rien n’atteint.
Il faut dire aussi que je ne veux pas trop embêter Jean-Philippe car il doit lui aussi gérer sa douleur et ses doutes. Mais heureusement qu’il est là.
Si jamais nous n’obtenons pas l’agrément, je n’ai aucune idée de notre réaction et à vrai dire, je ne préfère même pas y penser … sur ce point-là je préfère rester optimiste car les entretiens se sont bien passés.
Dans tous les cas, nous pourrons consulter notre dossier fin octobre/début novembre, juste avant le passage en commission. On nous a conseillé de ne faire apparaître aucune mention de pays dans la notice d’agrément afin de ne pas nous fermer trop de portes à l’avenir.
Autant mettre toutes les chances de notre côté.
Réponse donc dans quelques semaines…